Notes de lecture
Ivan ILLICH, La Convivialité, Seuil (Points n°65), 1973.
Le titre, "Tools for conviviality", sous lequel paru en Amérique cet ouvrage, dit peut-être mieux son contenu. En effet, ce sont bien des outils pour mettre en œuvre une société conviviale que nous propose Illich. Par convivialité, il faut entendre l'inverse de la production industrielle. La convivialité, c'est "l'être", alors que la productivité est "l'avoir". Illich utilise le terme d'outil dans un sens large, une institution est un outil au même titre qu'un tournevis, que les lois du mariage ou qu'un réseau routier. Autant d'outils sur lesquels on peut agir… et en maîtrisant l'outil, on peut changer le monde, alors qu'un outil incontrôlable représente une menace insupportable. Nous devons donc nous emparer de l'outil convivial pour retrouver notre liberté. L'outil est convivial dans la mesure où chacun peut l'utiliser sans difficulté… à des fins qu'il détermine lui-même. Au fond, c'est l'usage que l'on fait de l'outil qui importe. Mais il est vrai aussi que certains outils —ceux qui accroissent l'uniformisation, la dépendance, l'exploitation, et l'impuissance— sont toujours destructeurs quelles que soient les mains qui les détiennent.